Une proximité qui transcende la distance

Natasha a vécu les mois du confinement comme une période de profonde proximité spirituelle avec Dieu, elle partage ses pensées sur sa peur de retourner à la «normalité» et ce qu'elle a compris à travers ce moment.

Les mois de la pandémie ont été pour moi période de profond éveil spirituel et de proximité avec le Seigneur. D’une certaine manière, le confinement de la société en mars nous a aidés à reprioriser nos activités quotidiennes, arrêtant tout sauf ce qui était essentiel, afin que le point focal dominant reste sur le Christ et sur la compagnie qui me permet de fixer mon regard sur Lui.

Je me souviens d’une école de communauté au début de la pandémie durant laquelle Elena a partagé comment elle trouvait que le confinement était une période de beauté et sa surprise devant ce fait. Qui voudrait être enfermé chez soi, loin de personnes et d’amis proches, avec une telle incertitude face au travail, à la santé et tout ce qui nous procure un sens de sécurité dans ce monde? Cependant, pour Elena, c’était précisément ce moment qui lui a permis de consacrer du temps aux choses belles de la vie, particulièrement grâce au travail de l’école de communauté. Elle nous a confié qu’elle ne voulait presque pas retourner à la normalité parce qu’elle craignait que l’agitation de la vie ne lui fasse à nouveau oublier cela et qu’elle ait du mal à trouver du temps.
La réponse de Paolo fut ferme: cela n’a pas besoin de se passer ainsi. Nous devons prendre ce que nous apprenons durant cette période et l’apporter dans nos vies lorsque les choses reprendront éventuellement un semblant de normalité.
Je me suis sentie pareillement avec le début de l’année scolaire qui approchait. En mars, lorsque tout à l’extérieur a fermé, j’ai eu congé de tous les voiturages que je faisais, me permettant ainsi de me concentrer entièrement sur le programme de base (je scolarise mes enfants à la maison). Durant cette période, de nouvelles amitiés sont survenues dans ma vie et j’ai commencé à les suivre dans différents ministères de mon diocèse. J’ai aussi accepté un emploi de rédaction à temps partiel et je suis demeurée en contact avec ma communauté CL, surtout grâce aux soirées du rosaire. L’école s’est officiellement terminée en mai et j’ai continué mes autres activités bénévoles.

À l’approche du mois de septembre, j’ai commencé à appréhender le début de la nouvelle année scolaire. L’école est toujours difficile pour moi et je remarque que je suis toujours en train de réagir au stress et au jonglage des exigences de la vie quotidienne. Être présente pour mes enfants dans de telles circonstances me demande un grand effort, et pour être honnête, je ne suis pas très bonne. Et maintenant qu’il y a plus de responsabilités à l’extérieur qu’auparavant, j’ai eu peur de ne pas pouvoir leur donner le meilleur de moi-même et que tout serait pire qu’avant.

La réalité s’est avérée être tout le contraire. Après un peu de réflexion, je ne peux qu’attribuer cela à la présence du Christ en moi, à travers la compagnie - autant chez moi qu’avec ceux du Mouvement - qui Lui ont permis de devenir une présence dominante qui change mon regard dans la vie. Plusieurs personnes, voyant que j’étais très occupée, m’ont demandé comment j’allais. Tout ce que je peux leur dire c’est que je n’ai jamais ressenti Jésus aussi près que maintenant. Je n’ai jamais été aussi occupée, et pourtant, les choses que je suis ne sont pas sans but comme elles l’étaient avant. Elles sont toutes enracinées dans la présence du Christ, et grâce à cela, Sa présence déborde dans le reste de ma vie et donne un sens à tout. Cela m’aide à être présente d’une manière que je n’ai jamais pu être jusqu’à maintenant, et ce n’est pas quelque chose que j’aurais pu changer seule, même si je l’avais voulu. C’est un pur cadeau devant lequel je ne peux que dire “Merci, Seigneur”.

Dans des circonstances aussi étranges qu’une pandémie mondiale, Il s’est immiscé dans ma vie et m’a touchée d’une manière encore plus profonde que je n’ai jamais vécue.

Les commentaires qu’Elena a partagés lors de cette école de communauté, il y a plusieurs mois, me reviennent à l’esprit. Ils sont maintenant pour moi une source d’espoir. Je n’ai pas besoin d’avoir peur du retour normal des choses, car il y a une nouvelle normalité: une qui est pleine de la présence du Christ. Je rends grâce au Seigneur pour les événements et les amitiés qui ont permis à ce miracle de se produire dans ma vie.

Natasha, New Brunswick