Sans ce geste essentiel, ma journée est sans vie et sans relief

Un groupe d'étudiants GS de Toronto, Montréal et Ottawa se rencontrent tous les matins depuis le début du confinement. Cette réunion est devenue un moment fondamental qui soutient leurs journées durant l'isolement.
Héloïse Brindamour

On a commencé à se rencontrer pour faire l’Angélus chaque jour à partir de la deuxième semaine de confinement, sur Zoom. Bossa (Elena) l’a proposé lors de la première école de communauté qu’on a fait virtuellement.
Chaque jour, l’Angélus était suivi d’une petite présentation qu’un des GS faisait par rapport à une de ses passions, une chose qui l’avait intéressé. Marie-Emmanuelle dit que c’est ce qu’elle a préféré, « Ça nous permettait de ne pas seulement voir les visages des personnes, mais de voir plus d’eux. C’était une façon de se rapprocher les uns des autres.»
Par exemple, on a appris que Marie Véronique aimait les arts, que tous les garçonsavaient une passion pour le soccer.
Au début, on était beaucoup le matin et, petit à petit, seul un groupe de fidèles a résisté.L’exercice aurait pu devenir redondant si certains GS de Toronto ne s’étaient pas joints à nous. « Ça nous a permis de voir qu’on n’était pas les seuls à vivre le confinement. On a pu agrandir GS sans aller là-bas », dit Marie Véronique. « Maintenant, quand on va se voir en personne, ce sera plus facile de tisser des liens.On partage quelque chose ensemble », ajoute Marie-Emmanuelle.
Après plusieurs changements d’horaire, l’heure de l’Angélus a été fixée à 9h30, trop tôt pour certains. « Au début je trouvais ça tôt parce que je me lève habituellement à10h30, mais maintenant j’aime me lever à 9h00 pour faire l’Angélus », dit Marie Véronique.
Gabriele dit, quant à lui, que l’Angélus le matin donne le ton de la journée, que c'est une bonne façon de commencer la journée avec des amis. « Avec l’Angélus en commençant la journée, je ne fais pas que réciter la prière et ensuite continuer ma journée, ce n’est pas seulement un enchaînement de mots. On essaie de voir le sens derrière les mots », dit Marie-Emmanuelle.
Après trois mois de faire l’Angélus tous les matins, on a décidé de continuer même quand Bossa est partie, alors que c’était son idée. « Le désir de Julia, qui se demande ce qu’elle va faire si elle ne peut pas voir nos visages le matin, de continuer nos rencontres devient mon désir. Ça me fait voir la valeur de ce geste très banal. C’est le seul moment durant lequel je m’arrête pendant la journée pour demander », dit Héloïse. Le mot de la fin revient à Julia qui affirme : “ La Vierge verse sa grâce dans nos coeurs. Après que j’ai récité l’Angélus avec mes amis le matin, ma journée devient à la fois une offrande à Marie et une relation plus étroite avec elle. Sans ce geste essentiel, ma journée est sans vie et sans relief.”